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Naissance des chansons…

(Une femme seule)

Étudiant, j’ai souvent attendu des correspondances à la gare de Narbonne. C’était un soir de novembre vers 22h, dehors, la tramontane était infréquentable. Au buffet, elle était là, seule cliente au fond de la salle. Il n’était pas question pour moi de lui parler. Mais j’ai emporté son image avec moi pour toujours.

 

 

 

(La neige)

Au départ, toujours une image et le sentiment qu’elle provoque. La neige tombe et pose sa loi qui est de réconcilier l’âme et le monde. Mais très vite, l’impossibilité de demeurer dans cette heureuse exaltation. Et la nécessité d’aller trouver refuge dans l’amour charnel.

Pur exercice de style qui a, longtemps après, révélé mon angoisse profonde de la mort, étrangère alors à ma conscience. C’est l’histoire du disque  tout entier : C’était écrit, je ne voyais rien. Créer c’est être, penser c’est devenir ce qu’on était déjà.

 

 

 

(La femme est le plaisir de l’homme)

Je crois qu’une femme est ce qu’il y a de plus beau au monde parce qu’en plus d’être belle, elle bouge. Elle échappe. Mais c’est aussi parce que l’homme, grâce à elle, peut jouer à mourir. Il me semble qu’à chaque coup de rein dans cet amour sans issue, l’homme peut se dire : « Je veux mourir, je veux mourir, je veux mourir »….sans mourir vraiment. Finalement, la nature est bien faite.

 

 

(Le poète en question) 

Pas d’affolement. Juste un cri. Et au passage, cette vérité de Lapalisse qui explique le silence des artistes : Il ne faut pas demander à un peintre ce qu’il a voulu dire avec son tableau, car s’il avait voulu dire quelque chose, il l’aurait dit.

 

 

 

(Chaque pas chaque mot)

Catherine a écrit ce texte pour moi, pour m’aider. C’est aussi pour m’aider que je l’ai amené en terre bergsonienne. Si le Temps est le « tissu de la conscience », alors comme elle, il est vain  de vouloir l’objectiver. Seule la seconde vaut la peine d’être pensée.  Et penser la seconde, c’est vivre, tout simplement. Vivre en sachant qu’on vit. Voilà le programme.

 

 

 

(Le visiteur du soir)

Encore une fois, l’image s’est imposée, d’un souvenir sous la forme d’un bel inconnu paré de feuilles mortes se présentant à la porte d’une maison où vit une femme. J’ai immédiatement décidé que cette image mentale était un dessin de Cocteau - ou un poème puisque pour lui c’était la même chose. Et j’ai voulu semblable la chanson :  Le monde intérieur comme un monde parallèle, peu de traits, des raccourcis ; aussi courte que le trajet d’une flèche avec pour cible le cœur.

 

 

 

(Utrillo)

Je trouvais très beau le texte de Pierre, avec un contraste étonnant : Descriptif, très « à-plat » dans la forme, il contenait des mots violents et cet alcoolisme furieux dès la prime adolescence, dont j’ai fait le refrain.

Obligé par la musique, j’ai ajouté les deux complets qui précèdent le dernier.Ainsi, je crois, Utrillo sort-il du musée et vous demande à boire aujourd’hui dans un Montmartre revenu d’Epinal.

 

 

 

(Vieillir)

À tous les bienheureux maniaques de l’orthographe, il y a bien deux « r » à mourrons car c’est un futur – nous savons bien vous et moi que nous sommes vivants.

 

 

 

 

 

 

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Quand on est prompt à pointer chez les autres un défaut, toujours le même et de manière récurrente, c’est souvent que ce défaut est le sien. On ne le sait pas encore, mais on est sur le bon chemin…

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Sortir de soi…
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Sortir de soi…
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